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La messe à Livarot

célébrée par le Père Bruno et le Père Zacharrie

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Homélie du Père Bruno

Pierre de BELLOY de SAINT-LIÉNARD 1877 - Andrée DU BOUËXIC de LA DRIENNAYS 1890

Christian Marie Odet de BELLOY de SAINT-LIÉNARD 1916

Né le 2 août 1916 à Neuilly-sur-Seine (92200), Hauts-de-Seine, Ile-de-France.

Marquis de Belloy de Saint-Liénard, Chef de bataillon, Croix de guerre 1939-

1945, Croix de guerre des théâtres d'Opérations Extérieures, Valeur militaire,

Officier de la Légion d'honneur, Directeur commercial dans une société

immobilière.

  • Frères et Soeurs,
  • Même si la Parole de Dieu s'adresse à tous et à chacun, veuillez me pardonner, si en ce jour anniversaire, j'évoque davantage l'histoire de celui que nous honorons, en cette messe d'action de grâces, Monsieur Christian de Belloy et son épouse, nos parents à nous leurs quatre enfants, et à travers lui aussi notre mère, petits-enfants, arrière-petits-enfants. Merci d'ouvrir votre église pour nous accueillir. Merci au père Zacharie, et à l'équipe d'animation pastorale d'avoir demandé, tenu, proposé que nous puissions être tous rassemblés pour cette eucharistie dominicale. Merci aussi au père Camille de Belloy, dominicain, qui nous fait la grâce d'être présent.Merci à vous tous.
  • L'Eglise est une grande famille, aussi les liens qui existent aujourd'hui entre nous s'élargissent aussi à chacun de vous cousins, amis, parfois venu de loin, et à chacun de vous, fidèles paroissiens de Livarot. Messe anniversaire pour l'anniversaire des cent ans de Christian de Belloy, Homélie Dimanche 16 octobre 2016. L'Eglise nous donne à entendre cette histoire entre un juge inique et une pauvre veuve. Nous aurions pu entendre pour cette messe anniversaire un autre évangile peut-être plus adapté quant aux personnages. Mais la liturgie nous parle, et il me semble que les trois lectures ont bien un enseignement à nous laisser en lien avec votre anniversaire, et finalement avec l'histoire de chacun.
  • De fait, il est question dans la première lecture de combat entre Israël et les Amalécites, qui veulent empêcher le peuple élu d'avancer vers la terre promise. Jacob remportera la victoire grâce à la prière de Moïse. Le psaume que nous avons chanté est un cri d'espérance et de reconnaissance pour celui qui met sa foi dans le Seigneur, le secours divin lui est accordé, et le Seigneur le gardera de tout mal, il gardera sa vie. Saint Paul nous enseigne les qualités que le chrétien doit acquérir pour mener ce beau combat de la liberté : garder fermement ce que l'on a reçu, en s'appuyant sur la vérité de la Parole de Dieu, pour en recevoir toute la sagesse en vue de la vie bienheureuse en Jésus-Christ. De fait, écrit saint Paul à son disciple Timothée, la Parole de Dieu est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice, à encourager, toujours avec patience et avec le souci d'instruire ; grâce à elle, l'homme de Dieu sera accompli équipé pour faire toute sorte de bien.
  • Ces lectures éclairent bien ce passage de l'évangile où Jésus nous exhorte à toujours prier sans jamais nous décourager, en étant certain d'obtenir justice, même devant l'injustice. N'est-ce pas le combat du chrétien ? De recommencer sans cesse à espérer, à renouveler ses forces dans la prière pour aimer d'une manière toujours nouvelle ? Appuyé sur la certitude de la présence de Dieu, sur sa fidélité inébranlable. Au long de notre vie nous passons par des épreuves, des nuits et nous laissons parfois monter en notre coeur ce cri des Apôtres : à qui irions-nous Seigneur,Tu as les paroles de la Vie éternelle.
  • Evoquons quelques étapes de la vie de notre père. Si je fais ainsi mention du parcours d'une personne qui a traversé un siècle, c'est pour faire mémoire, pour consolider nos racines. « Si vous avez MEMOIRE du passé et COURAGE pour le présent vous serez ESPERANCE pour l'avenir. » pape François, JMJ 2016. A vrai dire, mon cher Père, votre vocation d'officier est né davantage de votre attirance par la beauté de la montagne. Mais l'histoire a fait le reste. Votre jeunesse se partage entre la Manche, la propriété de vos parents, à Saint-James et vos études chez les eudistes et les jésuites. Votre histoire familiale avec les difficultés économiques et la guerre de 39, vous conduisent à prendre la décision d'entrer dans l'armée. Vous écrivez que vous avez pris cette décision, car vous ne voyiez pas d'autre solution (page 10), mais ce qui vous a fasciné, c'est bien la montagne : Du haut du Pic de la Seite, qui domine Briançon, j'ai vu l'aurore boréale de toutes les couleurs du doré au vert pâle… ; que l'on se rassure, je ne vais pas reprendre ici tout votre parcours, un siècle, (nous le ferons sans doute cet aprèsmidi), mais tout de même quelques étapes :
  • 1940 : Bitche, épreuve du froid, combat, blessure sur ce front de guerre, passage de la ligne de démarcation, les chantiers de jeunesse, reconnu comme une part active de la Résistance. Vous êtes nommé à Rouen, au service des Anciens des Chantiers. Vous vous réengagez et vous retournez en Lorraine. Puis c'est la formation à Coëtquidan, le décès soudain de grand-père, et vous repartez en montagne au premier bataillon de chasseurs alpins. Vous gardez dans le coeur, le souvenir d'une charmante jeune fille, et dans vos mémoires vous dites : cette charmante jeune fille entrevue trois ans auparavant, occupe non seulement ma table de travail, mais aussi mon horizon… vous décrivez alors la première rencontre avec votre futur belle-famille : je savourais la beauté des lieux sans le dire et j'ai senti que mon beau père cru à de l'indifférence… ! Réserve naturelle ou regard du sage qui observe. Vous faites ainsi allusion à votre mariage avec Maman en ces termes. Pour nous les prêtres qui célébrons souvent des mariages, cette description me semble bien intéressante : La cérémonie du mariage de l'époque avait deux caractéristiques. La première d'ordre mondain, le cortège… ; la seconde, d'ordre liturgique, le sermon était un exposé d'éléments, toujours favorables, personnalisant les deux familles. La jeune mariée disputait en qualités diverses mais complètes, celles de l'époux. En l'occurrence, revêtu de la tenue des chasseurs bleu et jonquille, le candidat un peu dans l'éther, ne pouvait avoir une mauvaise note. Tellement dans l'éther qu'il entra dans l'Eglise avec le képi sur la tête. Vous exprimez ce que le Pape François écrit : « L'amour d'amitié s'appelle ''charité'' quand on saisit et apprécie la ''grande valeur'' de l'autre. » Amoris Laetitia 127.
  • En 1952 vous êtes envoyé en Indochine, mais vous n'embarquez que le 3 octobre 1953. Et vous nous revenez le 8 janvier 1955. Grâce à Tiphaine, votre petite fille, qui vous a inspiré et aidé à la rédaction de vos mémoires, nous avons une merveilleuse description précise, condensée, de ces années. Vous repartez deux mois plus tard pour l'Algérie. Puis ce seront presque deux ans avec vous, en tout cas pour nous en Allemagne, et la famille vous rejoint en Algérie où vous êtes à nouveau envoyé en 1960. Après son indépendance, vous êtes affecté à Rouen et vous changez de profession, rejoignant la vie civile. Au long de vos lignes si passionnantes, nous lisons votre foi, qu'avec notre mère, vous nous avez transmise. Votre idéal de serviteur de la paix, discrètement et profondément vécu, d'homme libre, de catholique attaché aux grandes traditions de notre héritage chrétien a inspiré toute votre vie. Il faudrait mentionner vos engagements professionnels à Rouen, et au service du diocèse où vous offrez vos compétences techniques et humaines, votre amour du chant, avec les concerts du Conservatoire, vos nombreuses amitiés, fidèles et solides, votre goût pour la peinture et la beauté, votre sens de la famille, avec l'Association familiale que vous avez fondée, les pèlerinages à Lourdes, et sans oublier les animations liturgiques sur la paroisse de Livarot.
  • Si l'on veut une représentation fidèle de ce que vous avez vécu en ce siècle, il faudrait évoquer les grands événements de l'Eglise. Vous avez été contemporain de 9 papes, depuis Benoît XV jusqu'au pape François. Vous avez connu la vie de l'Eglise avant le concile Vatican II, pendant le concile et après. L'histoire est aussi faite de grands moments de lumière, comme ces grands pontificats de Jean-Paul II, de Benoît XVI, le rassemblement de milliers de jeunes aux JMJ, et du travail silencieux des saints, depuis les martyrs du début de l'église, jusqu'aux saints de notre temps, et tant de saints et de martyrs qui ont jalonné le vingtième siècle et encore tout récemment avec le père Jacques Hamel. Il me semble que ce mot de saint Paul mentionné dans la deuxième lecture résumerait bien votre parcours fait de joies, de sacrifices, de témoignages qu'ensemble, avec notre chère Mère, vous avez voulu nous transmettre : cette certitude de foi en Jésus, en laquelle vous avez édifié votre vie et la nôtre, « grâce à elle, dit Saint Paul, l'homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien. » Nous vos enfants, gendre et belles-filles, vos sept petits-enfants, et vos trois arrière-petits-enfants, nous tous présents en ce jour, nous voulons vous exprimer au cours de cette eucharistie toute notre reconnaissance pour cette famille que vous avez fondée.
  • Aujourd'hui beaucoup de paramètres ont changé, et notre époque doit relever des défis nouveaux considérables : la mondialisation, le respect de la création, l'ère du numérique, une configuration géopolitique différente, une sécularisation galopante, une insécurité présente quoique différemment, le respect de la vie de son commencement à son terme. Aujourd'hui, encore il faut des artisans de paix. Sommes-nous plus forts, plus faibles, plus fragiles ? Quelles sont les personnes, les familles qui ne connaissent pas aussi des situations de souffrance ? Si nous percevons ce combat pour la santé, pour l'unité, pour l'épanouissement et le bonheur de chacun et de chacune, c'est pour mieux les nommer, les offrir au Seigneur et ainsi recevoir sa paix, même et surtout au sein de blessures. Saint Paul expérimente ce combat et le traduit ainsi : « je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. » II Co 12, 10.
  • Le Pape François écrit : « L'histoire d'une famille est jalonnée de crises en tout genre qui font aussi partie de sa dramatique beauté. Il faut aider à découvrir qu'une crise surmontée ne conduit pas à une relation de moindre intensité mais conduit à améliorer, affermir et mûrir le vin de l'union. » Amoris Laetitia 232. Cette certitude de foi, nous pouvons lui donner ce contenu : Dieu seul peut combler le coeur de la personne humaine. Nous avons été créés pour Lui.
  • Toute vie est tissée de plusieurs fils. Parfois, il est un peu rouge, douloureux, ou trop vert, pas assez mûr, et il est, dans la foi, toujours or. Dans notre famille, chaque famille construit sa vie, à travers la planète, en lien avec les défis de notre époque. Sans attirer l'attention sur ma personne, je voudrais dire MERCI pour une chose, petite mais grande. Il y a quarante ans, je prononçais mes premiers voeux dans le massif de la Chartreuse. Je voudrais vous dire Merci. Quand nous étions enfants et jeunes, vous nous emmeniez aux Vêpres à Héricourt, pour les grandes fêtes. Dieu travaillait-il déjà le coeur de celui qu'Il appellerait, par ce témoignage de fidélité que vous nous donniez ? Voilà, il y a toujours un fil or et j'aimerais partager cette conviction. Nous pouvons remercier le Seigneur pour les vocations de prêtres, de religieuses dans notre famille, sans oublier de faire mémoire du Cardinal de Belloy.
  • Frères et Soeurs, si nous rendons ainsi hommage au parcours d'une vie, c'est bien pour être ensemble renouvelés dans cette certitude que l'Amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné (Rm 5). Cela est. Cette espérance ne peut nous décevoir. Et rien ne nous séparera de l'Amour de Dieu, révélé en Jésus-Christ. Dieu veut faire justice à ses élus, qui l'appellent jour et nuit, nous dit l'évangile. Remercions Dieu pour le don de sa Miséricorde, pour la puissance de la Foi et confions nos familles à la Vierge Marie, à son coeur serein, confiant, joyeux, même au pied de la Croix, glorifié dans la lumière d'Amour du Père, du Fils et de l'Esprit Saint. Amen.

Frère Bruno

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